Conférence Jean Clottes

Mercredi 26 février 2014

à partir de 14h
Université de Toulouse II-Le Mirail
Maison de la Recherche, salle D31

 

Par Jean CLOTTES et Meenakshi DUBEY-PATHAK

Des images pour les Dieux :

Art rupestre et art tribal en Inde

Jean Clottes
Conservateur Général du Patrimoine (honoraire)
Spécialiste de l’art des peuples sans écriture

En Inde, l’art rupestre abonde. Ce sont des milliers de sites ornés qui se
trouvent du nord au sud du sous-continent, mais plus particulièrement dans le centre.
Ces peintures, souvent spectaculaires, couvrent une vaste période, qui va pour
l’essentiel d’environ 10 000 ans jusqu’aux époques historiques.
Elles répondaient à des traditions bien établies, dont les détails pouvaient
changer au cours du temps, et elles traduisaient les mythes courants de l’époque. Au
Mésolithique, la chasse était le plus souvent représentée, comme la danse et les
paons. Au Néolithique/Chalcolithique, le bétail devint une richesse appréciée et fit
même partie, si l’on peut dire, de la famille. Dans les périodes Historiques troublées,
les thèmes précédents continuèrent à être figurés, mais ce furent désormais les
guerriers, les armes et les combats qui dominèrent les représentations pariétales.
L’un des intérêts majeurs de cet art rupestre, particulièrement abondant et
méconnu car souvent situé dans des jungles éloignées, est que son contexte culturel
et naturel a été en grande partie préservé, ce qui est devenu rarissime dans le
monde. Il est ainsi possible de considérer ce qui s’est passé dans les tribus locales
et d’y découvrir la persistance de traditions ancestrales qui peuvent avoir trait à l’art
et en expliquer les raisons profondes.
Les recherches - et les découvertes - au sein des tribus auxquelles nous avons
eu exceptionnellement accès (Korkus, Gonds, Kols, Bhils) ont porté sur deux points
majeurs. D’une part, sur les formes d’art traditionnelles encore en usage de nos
jours, par exemple pour des cérémonies funéraires (gathas (stèles) des Korkus et
des Gonds) ou propitiatoires dans les maisons (spectaculaires pitheras (grandes
peintures murales) des Bhils), qui ont des analogies - et permettent des
comparaisons - avec l’art rupestre.
D’autre part, nous avons constaté que des cérémonies, avec dépôts
d’offrandes, avaient encore lieu dans certains abris peints, ce que nul ne soupçonnait
jusque-là. Grâce à nos contacts, nous avons pu recueillir des témoignages détaillés,
totalement inédits, sur ces pratiques en voie de disparition. Ce qui en émerge le plus
clairement est le pouvoir bénéfique des images. Ce sont bien des images pour les
esprits et pour les dieux, mais aussi et sans doute surtout pour les gens des tribus
eux-mêmes qui en recherchent la protection par leurs dessins et les pratiques qui les
accompagnent.

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